" Dans un rapport sexuel, l'homme et la femme se partagent la valeur et l'action à part égale, même si le sexe féminin est plein de vide. Tout comme le bouton et la boutonnière se partagent valeur et action, même si la boutonnière est faite de vide."

 

 

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Le sexe féminin est de forme creuse et situé à l'intérieur du corps. Il est donc invisible et n'entre pas en mouvement. Tandis que le sexe masculin est en volume et situé à l'extérieur du corps. Il est donc visible et consistant. D'autre part, il peut se dresser à volonté. En observant ces différences anatomiques et fonctionnelles, le dominateur traduit l'invisibilité du sexe féminin par "inexistence". Et par contraste, il traduit la visibilité du sien par "existence". D'autre part, il traduit l'activité physiologique de son sexe par "puissance". Il en déduit que la sexualité est un exercice individuel qui ne fait intervenir qu'un seul sexe, le sien. Dans son esprit, "le sexe humain" est masculin et son érection concentre toutes les étapes de la fonction sexuelle, dirigée par la volonté de l'homme. La femme ajoute du confort à l'acte purement masculin en lui ouvrant son ventre doux et chaud, en échangeant des caresses et des baisers. Elle hébergera aussi la progéniture de ce puissant homme. Mais elle n'a aucune place et ne joue aucun rôle à l'intérieur de la manifestation sexuelle, qui est une affaire d'homme.

Cette distribution des rôles classe l'homme et la femme dans une grille comparative qui donne à l'homme les attributs et les pouvoirs dont elle prive la femme. Dans cette répartition inversement proportionnée, il est aussi sexué qu'elle ne l'est pas. Il est aussi puissant qu'elle ne l'est pas. Il est le plein, elle est le vide. Il est le tout, elle est le rien. Et cette appropriation conceptuelle de la fonction sexuelle par un seul membre du couple humain est lourde de conséquences. Elle pervertit le regard que l'homme pose sur la femme et sur lui-même. Car il fait de ses propres critères, les caractéristiques de l'espèce humaine et par là, interdit à tout jamais à la femme d'y accéder. Quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse, elle ne pourra jamais sculpter son corps sous la forme d'un homme. Elle ne sera donc jamais pleinement humaine. D'autre part, il présente ses propres qualités anatomiques et fonctionnelles comme l'ultime valeur d'entre toutes. Et cela ne laisse aucune chance à la femme de l'égaliser par d'autres qualités ou compétences.

 

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La domination masculine participe d'une structuration sociétale interne au genre masculin, qui ne concède à ses membres leur appartenance à leur genre que par la domestication du genre féminin. La domination de la femme est donc un rituel initiatique incontournable pour accéder au rang de la masculinité. Et ce rituel est expliqué par l'affirmation de la non-appartenance de la femme à l'espèce humaine, à partir de la comparaison anatomique des deux sexes. C'est donc parce qu'elle participe d'un processus identitaire essentiel, que la domination masculine résiste avec autant de force aux lois d'égalité et aux mouvements féministes.

 Cette version des faits est la seule que j'aie trouvée pour expliquer les comportements contradictoires de mes amants. Car ils étaient aussi attachés à moi que désagréables. Et même lorsque je les menaçais de partir, ils s'accrochaient à leur maudite autorité. Puis quand j'annonçais mon départ, certains se sont agenouillés devant moi en pleurant et d'autres m'ont fait le chantage de se suicider pour me convaincre de rester avec eux. C'était à n'y rien comprendre. Avec le recul, je comprends qu'à travers ces démarches désespérées, ils me suppliaient de leur offrir ma dignité pour sauver la leur. Mais ils ne pouvaient pas le formuler clairement car cela m'aurait fait prendre mes valises sur le champ. Dans cette affaire, c'est un combat sans merci entre deux dignités. Avant les lois égalitaires, les hommes pouvaient afficher clairement leur programme car ils étaient soutenus par la législation. Mais l'émancipation légale des femmes leur a terriblement compliqué la tâche en rendant illicite l'application du rituel.

 Cette version des faits se confirme aussi par l'historique de mon enfance. Entre deux et onze ans, j'ai vécu mes plus belles relations avec le masculin. Les petits garçons étaient de véritables anges avec moi, tant qu'ils n'ont rien su de la sexualité. Nous étions les meilleurs amis du monde et il n'y avait strictement aucun rapport de force entre nous. J'en ai pourtant fréquenté beaucoup dans la rue de mon HLM. Et je passais plus de temps avec eux qu'avec ma propre famille. J'en déduis que la domination n'est pas un réflexe inné chez l'homme. Par contre, dès l'entrée au collège, les garçons ont changé du tout au tout. Ils se constituaient en groupes séparés des filles et se moquaient de nous sans explication. Avec du recul, je comprends maintenant qu'ils agissaient sous l'influence de leurs aînés, qui leur faisaient découvrir la sexualité à travers des revues pornographiques. Ces images dégradantes de la femme pervertissaient leur regard sur nous et ils se projetaient dans les rôles dominateurs masculins qu'ils y voyaient. La prédation de la femme leur a donc été suggérée comme un modèle comportemental masculin.

 

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La  prédation masculine s'applique donc tant qu'elle n'est pas vue, ni par sa proie ni par la société et s'alimente de l'amour de la femme. Comme la prédation médicale, elle abuse d'une confiance offerte, à partir d'un faux concept. Mais contrairement à celui de la prédation médicale, qui est une affirmation mensongère, celui-ci se passe de mots. Non seulement il s'en passe, mais il est porté par le vide verbal. Le contenu du message, qui est un rapport de force, est communiqué par son application directe. Et son auteur ne s'en explique jamais, ni devant la femme ni devant la société.

Il n'en répond pas devant la société parce que sa victime ne porte pas plainte. Elle ne le fait pas, parce que la violence qu'elle subit est morale. Elle ne laisse pas de trace visible sur le corps et s'applique sans témoin. Le prédateur n'en répond pas non plus devant la femme, parce qu'il n'a aucun argument valable à lui fournir, mais aussi et surtout parce qu'il considère qu'il n'a pas à le faire. Pour échapper à ses questions, il passe le moins de temps possible avec elle ou il la laisse parler jusqu'à ce qu'elle se fatigue. Et il gagne la bataille tant qu'elle est amoureuse. Il m'a fallu plusieurs de ces expériences malheureuses, pour comprendre que mes amants inscrivaient secrètement la relation amoureuse dans un rapport hiérarchisé. Car ils ne le disaient jamais. Puis en prenant du recul sur la société, j'ai compris que c'était le cas de figure le plus répandu.

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          Par son caractère brutal et dévalorisant, la prédation sexuelle génère beaucoup de stress chez la femme qui la subit. Et j'ai expliqué dans les pages précédentes que le stress affaiblissait les défenses immunitaires, en gênant l'assimilation du calcium par l'acidification de l'organisme. Cette forme d'agression, comme toutes les autres formes, a donc des répercussions sur la santé publique et pas des moindres. En réalité, elle pèse très lourd dans la vie d'une femme, surtout quand elle est chronique et s'étale sur toute une vie. Elle est source de somatisation et peut installer un état dépressif latent, que la femme compense en répercutant cette violence sur ses propres enfants ou sur elle-même. Cela peut se traduire par de la boulimie ou de l'anorexie, l'addiction ou le suicide et toute la palette des névroses.

           Voilà le tableau que mes vingt années d'observation m'ont fourni du monde : une espèce humaine fracturée en deux parties, dont l'une vampirise l'autre. Et dans le consensus le plus total. Car je ne traite pas là des violences visibles, qui laissent des hématomes ou des fractures et sont sanctionnées par la loi. Je dénonce une violence aussi permise qu'entretenue et qui livre les femmes à elles-mêmes devant leur destin. Une violence intime, qui blesse plus l'âme que le corps. Il faut que les femmes soient sacrément puissantes pour avoir traversé les siècles sous cette politique parasite. Je n'ose imaginer ce qu'elles auraient fait de notre société sans cette charge. Si seulement notre société en est une, sous cette politique barbare.

 

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          Pour comprendre ce qu'il y a derrière la pudeur féminine, il suffit de s'interroger sur ce que la femme dirait si elle n'était pas pudique. En décrivant la sensation qu'elle a de son sexe, que ce soit lors d'un rapport sexuel ou pas, elle prouverait qu'elle est sexuée et qu'elle participe activement à la fonction sexuelle. Et par là, elle ferait la preuve de sa pleine appartenance à l'espèce humaine. D'autre part, elle dénoncerait les déviances sexuelles de ses amants en décrivant leurs gestes et la souffrance qu'elle éprouve à être déshumanisée par eux. En prenant sa place dans l'espace d'expression pour dire ces vérités, elle mettrait donc en échec tout le processus de la prédation masculine, qui s'appuie sur le déni de l'existence du sexe féminin et se cache pour agir.

          La femme doit donc se taire coûte que coûte pour faire le champ libre à cette prédation. Et pour la faire taire, le prédateur n'a rien trouvé de mieux que de la salir, quand elle s'aventure sur le champ lexical de la sexualité. Un champ qui ne le salit pas quand c'est lui qui l'emploie. Avec cette ruse, il peut dormir tranquille, sa rivale est désarmée. Nul besoin de parler plus fort qu'elle, de la bâillonner ou de l'enfermer entre quatre murs. Elle se taira toute seule et se prêtera à la prédation sexuelle sans broncher. La pudeur est à la clé. Et la voie sera libre pour les prédateurs aussi longtemps que les femmes se tairont... Voilà pourquoi je ne me tais pas. En maintenant le récit de ma vie intime dans la publication du livre "Abus", je résiste à cette politique d'intimidation. Et j'encourage toute femme à en faire autant.

 

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          Avant les premières luttes féministes, les femmes avaient le statut légal de mineures, placées sous l'autorité de leur père ou de leur mari. Quand certaines se sont plaintes de cette différence de statuts et de droits, elles ont trouvé les concepts masculins en travers de leur route. Et que disent les concepts ? Ils ne voient qu'un fauteuil au rang d'adulte et y placent l'homme sous le prétexte qu'il assurerait la fonction sexuelle. A l'appui de cette conviction, les hommes ont cru mettre les revendicatrices en échec, en posant la masculinité comme seul critère d'accès au siège d'adulte. Ils se sentaient d'autant plus forts qu'ils accaparaient bel et bien le fauteuil depuis des lustres. Pour toute réponse à leurs contestataires, ils ont donc exigé l'impossible sous la forme d'un de ces chantages dont ils sont les experts : "Si tu veux valoir autant que moi, alors sois identique à moi".

          En cédant à cet absurde chantage, les femmes sont tombées à pieds joints dans le piège monumental que les hommes leur avaient tendu. Absurde, parce que les femmes ne seront jamais des hommes. Et parce qu'elles n'ont pas besoin de les singer pour valoir autant qu'eux. Un piège, parce qu'en relevant le défi de se masculiniser, elles ont permis aux hommes d'arbitrer le débat et par là, se sont encore pliées à leurs lois. Ce faisant, elles ont validé la prétention masculine de régner sur elles. Si elles ont gagné en libre-arbitre et en salaire, elles l'ont payé très cher, en travaillant deux fois plus que les hommes, tout en gagnant moins d'argent qu'eux. Car elles sont restées aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants sans rémunération, tout en travaillant à l'extérieur. Je ne sais par quelle anomalie elles ont vu cela comme une victoire.

 

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          Dans nos sociétés, la femme est donc cernée par la prédation masculine sous toutes ses déclinaisons, même dans ses tentatives d'y échapper. Car pour compenser les effets de la prédation sexuelle, elle tombe dans les filets de la prédation chimique (drogues médicamenteuses, pilule contraceptive, café, tabac, alcool, sucre...). Que ce soit dans son lit ou au cabinet médical, la femme rencontre la prédation masculine sans le savoir. Elle la trouve aussi dans son assiette, dans son eau et son environnement, dans toutes les molécules chimiques qu'elle ingère. Elle la trouve aussi dans les pays en guerre et en proie au terrorisme. C'est dire l'envergure du problème, qu'un siècle de luttes féministes n'a pas résolu le moins du monde.

          Je ne jette pas la pierre au mouvement féministe car je suis née dans son berceau et me suis nourrie de son lait. J'ai découvert le monde à travers ses slogans et la rébellion de ma propre mère, qui s'en inspirait. Et je lui dois d'avoir échappé à la domination masculine légale, à laquelle mes grand-mères s'étaient pliées. Mais cela ne m'a pas protégée pour autant de la violence masculine qui, faute d'avoir trouvé la porte ouverte, est entrée dans ma vie par la fenêtre. Et quand la fenêtre n'était pas ouverte, elle en cassait un carreau ou défonçait la porte, mais elle entrait de toute façon. Pourquoi ? Parce que les enjeux de cette violence se définissent dans un univers que les lois civiles n'atteignent pas : celui de la psyché. Elle est donc hors de portée de toute intervention législative. Et si seulement elle est corrigeable, ce n'est que par la discussion des lois conceptuelles qui la génèrent. Mais cette donnée a complètement échappé aux féministes, qui ont fait la guerre à la violence masculine quand il fallait la désamorcer. Et c'est parce qu'elles ne l'ont pas fait que la violence est toujours là. En braquant des lois-révolvers sur les hommes, elles les ont enserrés dans un étau auquel ils se sont dérobés par des stratégies souterraines, pour céder à la pression initiatique spécifique à leur genre.

 

 

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          A travers ces descriptions, la sexualité apparaît comme un support d'élévation de la conscience humaine, par l'union de deux puissances vibratoires logées au sein de deux êtres humains qui s'aiment. Dans ce rapprochement, les deux personnes se partagent l'action, qui consiste à assembler leurs corps par leurs sexes, parce que ce sont les pôles principaux de leurs sources d'énergie respectives. Et cet assemblage est facilité par la complémentarité anatomique des sexes, qui ne pourraient s'emboîter s'ils avaient la même forme. Le sexe féminin est de forme creuse pour épouser le volume du sexe masculin. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas. Il s'appelle le vagin et véhicule l'énergie sexuelle tout autant que le sexe masculin. Quant à celui-ci, s'il est en volume, c'est pour rejoindre le pôle énergétique du vagin, qui est en profondeur. Les deux sexes assurent donc la même fonction dans une action solidaire mais chacun à sa façon et chacun par sa forme. On pourrait en dire autant des deux mains d'un pianiste, qui interprètent ensemble un seul air de musique, tout en jouant chacune sa partition. De même pour la boutonnière et le bouton qui se combinent pour servir un processus d'assemblage.

 

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          En réduisant le processus sexuel à l'activité mécanique et biologique de sa verge, l'homme l'extrait de son sens premier et de son champ opératoire essentiel, qui est le champ magnétique. En réalité, le développement de son sexe n'est qu'un aiguillage sur lequel un phénomène vibratoire circule pour en rejoindre un autre. Et pour se rejoindre il faut être deux. C'est ce qui échappe complètement au dominateur. Où il voit un rapport de force... il y a un rapport fusionnel. Où il voit « le tout » et « le rien »... il y a « deux » qui forment « un tout ». Et les différences servent le génie du « tout ». Comme le bouton et la boutonnière attachent le col, comme les deux mains du pianiste jouent un concert, les sexes s'emboîtent pour vivre l'éternité... pas pour être comparés. Ni classés.

          Si un homme les classe, c'est parce qu'il a été éduqué à se mesurer avec tout et tout le monde. Aveuglé par ce réflexe conditionné dès le plus jeune âge, il ne fait pas la distinction entre la notion d'opposition et celle de complémentarité. L'opposition, c'est quand il n'y a qu'une place et que deux se la disputent. Tandis que dans la complémentarité, non seulement il y a deux places, mais c'est la condition pour que le projet se réalise. Par exemple, le boutonnage du col nécessite la participation solidaire de deux formes complémentaires, qui sont totalement inopérantes isolément. Dans ce système très ingénieux, nul ne peut affirmer que la boutonnière « n'existe pas » sous prétexte qu'elle est constituée de vide. Non seulement elle existe mais elle joue un rôle actif dans le processus d'assemblage, en maintenant le bouton de l'autre côté du col. Il serait tout aussi absurde de mettre en compétition les mains du pianiste. Car c'est leur coopération qui fait tout le charme de la musique. Indépendamment l'une de l'autre, elles sont largement en dessous de ce qu'elle peuvent produire ensemble. Et la liste des exemples est infinie. Si l'on devait hiérarchiser tout ce qui marche par deux, on devrait le faire avec les jambes d'un coureur ou les deux premières cellules embryonnaires. Insensé.

 

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          J'ai pratiqué maintes fois la Sexualité Sacrée dans ma vie sans savoir que cela portait un nom ni même que c'était une technique rapportée dans des livres. Pour la décrire, je m'appuie sur mon propre vécu et sur le témoignage des différents amants avec lesquels je l'ai pratiquée. Quand ils me racontaient ce qu'ils ressentaient dans leur corps, cela correspondait exactement à ma propre expérience. Si je l'ai vécu, c'est la preuve que cela existe et qu'un homme peut s'y épanouir. J'en connais plusieurs qui peuvent en témoigner, y compris parmi de simples amis, qui la pratiquent avec d'autres femmes. Dans cet exercice, il n'y a bien évidemment pas de gymnastiques acrobatiques en tous genres ni de fantasme. Car pour fantasmer, il faut penser. Le simple emboîtement des sexes suffit s'il s'accompagne de forts sentiments d'amour. Il peut même se passer de mouvements. Car un sexe est fait pour en rencontrer un autre. Il n'est pas fait pour se regarder le nombril ni se faire tripoter ni lécher.

          Quand je m'accouple avec un tel homme, je ne suis pas le pot de chambre que d'autres voient en moi. Sous son regard, je suis aussi humaine qu'il peut l'être. Il me traite avec respect et considération parce qu'il sait que je participe à la fonction sexuelle, à même hauteur que lui. Non seulement j'y participe mais elle ne peut se passer de moi. Comme la mayonnaise a besoin d’œuf et d'huile pour monter, la Sexualité Sacrée nécessite deux « ingrédients » pour monter au paradis. Elle est tout sauf l'action d'une seule personne, comme le prédateur l'imagine. Et mon amant le sait parce qu'il sent passer ma puissance vibratoire dans son corps. Il sait aussi qu'il ne la recevra pas s'il me maltraite. Parce qu'elle est alimentée par l'amour que je lui porte. Et je ne peux aimer celui qui me déshumanise.

          Dans cette ronde à deux, l'homme ne dirige que ses propres gestes et fait la place à mes initiatives, comme à mes besoins. Il ne nous classe pas dans une échelle de valeurs parce que c'est impossible. Et sur quel critère le ferait-il ? De l’œuf et de l'huile... lequel est supérieur à l'autre ? Une question sans réponse. Si cet amant ne fait pas le coq, c'est parce qu'il sait qu'il ne l'est pas. Il joue sa partition pendant que je joue la mienne et nous écoutons ensemble le concert que nous nous donnons. Chacun joue son rôle et chacun prend sa place. Il y a deux fauteuils dans la relation. A la différence du prédateur, cet homme-là ne mise pas sur la domination de ma personne pour faire la preuve de sa masculinité. Il n'éprouve même pas le besoin d'en faire la preuve. Car la masculinité est un « état ». Elle n'est pas un « comportement ». Et un état ne se prouve pas... il se constate. Si un homme prouve quelque chose en brutalisant une femme, ce n'est que sa barbarie. Et si quelqu'un perd son humanité au passage, c'est bien lui.

 

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